Ceux qui suivent les nouvelles financières de Floride ont pu lire les exploits décevants d’un Bernie Madoff ou de Scott Rothstein, deux personnages avec des liens importants en Floride qui ont arnaqué des milliards de dollars d’investisseurs américains et d’autres pays.

 

Aujourd’hui avec internet, c’est encore plus facile de se faire plumer … en immobilier. Les reprises bancaires (foreclosures) et les ventes à découvert (short sales), sont encore un moyen facile d’action pour les escrocs. On a entendu parler d’exploits remarquables : des escrocs réussissant à vendre plusieurs fois la même propriété à des victimes qui ne réalisaient pas que ces « propriétaires », en fait, étaient des voleurs d’expérience.

Le célèbre Shrek habite bien dans un marais… pourquoi ne pas faire comme lui et bâtir sa maison au milieu des alligators et moustiques ? Ce n’est pas nouveau en Floride, la surface actuelle des Everglades a bien dû être vendue une bonne centaine de fois par des « con artists » (en Anglais ça veut dire « escrocs »).
Exemple récent : en 2014, le tribunal de Fort Myers a condamné la société d’un citoyen suisse pour avoir vendu un terrain de Port-Charlotte (via des agents immobiliers français) à une française (défendue par Me Bourgoignie) et ils lui auraient ainsi assuré que le terrain allait « doubler ou tripler sa valeur » dans les prochaines années. Apparemment les terrains valaient 4 fois moins que le prix vendu. Il faut spécifier que c’était en pleine crise des subprimes et que l’acquéreur était une femme de Marseille… souffrant du syndrome de la Tourette !!! Il est précisé dans le délibéré que la société avait acquis plus de 500 parcelles à Port-Charlotte, revendues pour un très grand nombre à des Français. Certains autres Marseillais envisageaient l’été dernier de porter plainte, même s’il est loin d’être évident qu’ils puissent bénéficier du même délai de rétractation que cette cliente qui a gagné en justice.
La moindre des choses quand on investit, c’est de se déplacer pour voir le bien à acquérir, et de se renseigner auprès de professionnels réputés.
Bien évidemment, ce genre de fraudes n’existe pas uniquement qu’en Floride. Déjà, durant la ruée vers l’or au XIXème siècle, de nombreux européens ont émigré ici avec un titre de propriété en main, près d’une rivière américaine qu’on leur avait promis pleine de pépites. L’histoire se répète, même si l’or est cette fois-ci noir, dans le Dakota-du-Nord par exemple. En mai dernier un cas de fraude sur un montant de 62M$ a été découvert, avec des victimes provenant de 66 pays différents (dont des francophones) ayant placé leurs économies dans l’immobilier. Et ce n’est qu’une parmi d’autres arnaques aux terrains pétroliers ou au « boom immobilier » qui vont avec ; attirant les investissements par des promesses de plus-values mirifiques. En caricature d’investissement, il y avait eu également l’affaire Evolution Market Group (EMG), un système de financement pyramidal organisé par un cartel mexicain, et dans lequel des milliers de Français avaient investi de l’argent entre 2007 et 2009. La plainte a été déposée auprès d’un tribunal de Floride et les avoirs de la société avaient été gelés par la justice.

Mais ces affaires retentissantes ne donnent pas la tendance générale. Elles indiquent surtout que certains francophones sont bien naïfs. Il faut savoir que durant la ruée vers l’or… ceux qui se sont enrichis étaient surtout les vendeurs de pelles et de pioches !
Les arnaques sont-elles si nombreuses dans l’immobilier en Floride ? Il ne faut rien exagérer du tout. « Je ne pense personnellement pas qu’on puisse parler d’arnaque, mais plutôt d’éthique« , explique Jean Deglon, agent immobilier dans la région de Miami. « Ce que je constate c’est que beaucoup d’investisseurs, à hauteur de $100 000 – $500 000, font confiance à leur agent et ce dernier ne donne parfois pas des chiffres corrects, involontairement ou volontairement, en début de projet. Le client ne peut donc pas faire un bon plan d’étude. Pour le cas des entreprises, le coût d’un démarrage ou d’une reprise de compagnie existante peut varier énormément selon les données en possession de l’investisseur. Il ne s’agit pas seulement du prix d’achat, mais de tout ce que le business va nécessiter comme rénovation, publicité, licences, autorisations, bail, matériel, …. Et l’investisseur va aussi devoir se loger, peut-être louer ou acheter une maison. Et c’est à ce moment que l’investisseur doit être bien conseillé. »